Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Dr Boubou CISSE, a présidé ce jeudi matin au siège du Conseil  National du Patronat du Mali (CNPM), la cérémonie de lancement des remises de fonds complémentaires à 500 micro-entreprises du volet entreprenariat des jeunes non diplômés du PROCEJ de la 4è vague.

Outre le Secrétaire Général du Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, la cérémonie a enregistré la présence de plusieurs collaborateurs du Premier ministre, des responsables du Département de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi que de la Banque Mondiale.

185 295 jeunes maliens touchés depuis 2004

Dans son exposé sur le processus ayant conduit à la sélection des 500 micro-entreprises, le Directeur Général de l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes, M. Yaya DAO, s’est réjoui de la présence du Premier ministre pour remettre personnellement cet important financement d’une enveloppe de 150 millions FCFA aux jeunes promoteurs sélectionnés du PROCEJ. Il a également exprimé sa gratitude à la Banque Mondiale et à l’Unité de coordination du Projet.

En introduisant sa présentation, M. DAO a rappelé que l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes est un Etablissement Public à caractère Administratif créé par la loi n°03-031/AN-RM du 25 Août 2003 modifiée par la Loi n°2014-068/AN-RM du 31 décembre 2014. Placée sous la tutelle du Ministre en charge de l’Emploi, elle a pour mission de concourir à la création d’emplois pour les jeunes en milieux urbain et rural, notamment en facilitant leur accès au marché du travail et au crédit.  Le groupe cible de l’APEJ est donc constitué de jeunes (hommes et femmes) âgés de 15 à 40 ans y compris ceux de la diaspora.  De 2004 à 2019 dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Emploi Jeune (PEJ) et grâce au concours de l’Etat et de plusieurs partenaires, les interventions de l’APEJ ont touché 185 295 jeunes diplômés et non diplômés.

Développer l’esprit d’entreprise et les capacités entrepreneuriales chez les jeunes du Mali

En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du Volet entreprenariat des jeunes non scolarisés ou faiblement scolarisés du Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ), il était attendu de l’APEJ la formation de 10 000 jeunes en entreprenariat niveau 1 dont au moins 40% de femmes. Le 2ème niveau de formation concernait 60% de ces 10 000 jeunes du niveau 1 et était axé sur une formation approfondie en entreprenariat et à leur encadrement pour l’élaboration de plans d’affaires simplifiés.  Spécifiquement, 15% de ces jeunes à former devraient être des sortants des dispositifs d’apprentissage (formel et non formel) de la Direction Nationale de la Formation Professionnelle (DNFP) et du Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage (FAFPA).  Cependant, l’APEJ a atteint les indicateurs de départ du projet avant la mise sur le marché du travail des produits de la DNFP et du FAFPA. A la faveur de la revue à mi-parcours du PROCEJ, il a été ainsi décidé par a Banque Mondiale d’octroyer de nouvelles ressources à l’APEJ. C’est dans ce cadre  qu’une partie de ces ressources, soit 150 millions de Francs CFA a été allouée pour l’accompagnement de micro-entreprises fragiles portées principalement par des femmes et des personnes handicapées. Les 500 entreprises ont été sélectionnées selon un processus rigoureux et transparent piloté par une commission avec des critères précis dont le genre (les femmes ont été favorisées) et la situation de handicap notamment. Ainsi Kayes compte 56 entreprises retenues, Koulikoro 48, Sikasso 58, Ségou 52, Mopti 56, Tombouctou 47, Gao 66, Kidal 22, Bamako rive gauche 71 et Bamako rive droite 24.

3 615 entreprises subventionnées et 7 141 nouveaux emplois générés

A la suite du Directeur général de l’APEJ, celui de l’Observatoire National de l’Emploi et de la Formation (ONEF), M. Boubacar DIALLO a fait la synthèse de l’enquête de suivi des jeunes bénéficiaires des fonds d’appui à l’entreprenariat de l’APEJ dans le cadre du PROCEJ. Il ressort de ce résumé que la moyenne d’âge des jeunes promoteurs est de 30 ans. Aussi 72% d’entre eux  sont en couple, 27,4% ont le niveau fondamental et 20,8% le niveau secondaire technique. Il est intéressant de relever également que 29,5% des bénéficiaires n’ont aucun diplômé alors que 53,4% étaient en situation de chômage avant l’intervention de l’APEJ et du PROCEJ. Les secteurs d’activités dominants sont le BTP, l’artisanat et le commerce surtout chez les femmes. Le taux de survie des entreprises accompagnées est de 83,6%. Ce taux est jugé très satisfaisant.

Au nom des 500 bénéficiaires qui totalisent en réalité plus de 7 000 emplois directs et indirects, Mme NIANG Aminata Kadri KEÏTA, qui évolue dans le secteur de l’agroalimentaire, a remercié le Président de la République, le Premier ministre et l’ensemble des Autorités ainsi que la Banque Mondiale, le PROCEJ et l’APEJ pour ce programme qui a permis d’améliorer la vie de leur entreprise. Ivre de joie, elle a eu l’honneur de recevoir le chèque géant de 150 millions au nom de ses camarades.

Détermination et engagement du Premier ministre

Dans son allocution de lancement de cet important programme de remises qui va toucher toutes les Régions du Mali, le Premier ministre Boubou CISSE a exprimé toute sa satisfaction de prendre part à cette cérémonie de remise de fonds complémentaires à 500 jeunes promoteurs de micro-entreprises fragiles dans le cadre du volet entreprenariat des jeunes non diplômés du Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ).

Il a également félicité l’ensemble des structures de l’Etat et les partenaires qui concourent à l’amélioration de l’employabilité des jeunes et à la création de conditions favorables à l’auto-emploi. Dr Boubou CISSE a particulièrement salué les efforts de l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ) et du Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ) pour l’exécution du volet «Entrepreneuriat des jeunes déscolarisés peu ou pas diplômés » qui va permettre à partir d’aujourd’hui à 500 jeunes défavorisés de bénéficier d’un fond d’amorçage pour sortir du chômage à travers la création de leurs propres entreprises.

Investir dans la jeunesse, tracer des perspectives pour la paix

Le Chef du Gouvernement a souligné que le taux de croissance de la population malienne figure parmi les plus élevés de la sous-région : un taux intercensitaire de 3,6%. Aussi, a t-il poursuivi,  la population malienne est majoritairement constituée de jeunes : 53% des 20,53 millions de Maliens ont moins de 18 ans selon les projections de 2020.

Il en ressort donc, dira t-il, que la structure et la dynamique de la population pourraient être à l’origine d’une véritable bombe démographique si les mesures, les politiques indiquées ne sont pas mises en œuvre : il urge d’investir en notre jeunesse. C’est fort de ce constat, que le Président de la République a hissé aux rangs des priorités l’épanouissement, la formation, l’emploi et l’entreprenariat des jeunes.

Le Premier ministre a également souligné que le Chef de l’Etat a instruit  au Gouvernement de créer les conditions pour améliorer l’employabilité des jeunes et favoriser leur insertion socioprofessionnelle. Ainsi dans le cadre de la mise en œuvre de ces Hautes Instructions, le Gouvernement de la République du Mali, en partenariat avec le Groupe de la Banque Mondiale, a décidé de se tenir aux côtés des jeunes entrepreneurs, en l’occurrence ceux peu scolarisés, en leur apportant le concours financier nécessaire à la pérennisation de leurs entreprises. Le Premier ministre d’ajouter que cet appui vient à point nommé dans le contexte d’un marasme économique induit par les effets néfastes de la maladie à coronavirus sur le secteur productif national. De ce fait, il est voulu comme une réponse complémentaire aux mesures de ripostes économique et sociale mises en œuvre par le Gouvernement pour atténuer les méfaits de cette pandémie sur la vie de nos concitoyens.

L’entreprenariat, un défi de solidarité et de responsabilité sociale   

En s’adressant aux récipiendaires, le Dr Boubou CISSE a indiqué que cet appui constitue une opportunité à saisir avec courage et abnégation afin d’être utile pour eux-mêmes et à leurs communautés respectives à travers la création d’emplois et de richesses. Il a appelé les jeunes à leur sens de la responsabilité en veillant notamment  à une utilisation judicieuse des ressources ainsi mises à leur disposition. Il a souhaité que les succès des premiers bénéficiaires puissent inspirer l’ensemble de la jeunesse malienne et encourager les partenaires techniques et financiers à accompagner le Gouvernement dans l’appui à d’autres jeunes.  « Jeunes du Mali, ensemble investissons pour votre autonomisation !» a conclu le Premier ministre, Chef du Gouvernement, sous un ban d’applaudissements des jeunes.

La Banque Mondiale au cœur de l’emploi-jeune

L’Association Internationale de Développement (IDA – Groupe de la Banque mondiale) et l’Etat du Mali ont signé le 25 juillet 2014 un accord de financement pour la mise en œuvre du Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ). Le projet est prévu pour une durée de 5 ans pour un montant total de Soixante-trois millions (63 000 000) USD. L’Objectif de Développement du Projet (PDO) consiste à « améliorer l’éducation et la formation pour l’employabilité et les possibilités d’emploi créées par le secteur privé pour les jeunes au Mali ». Ce projet s’articule autour de trois composantes: (1) Education et Formation pour l’Employabilité; (2) Création d’Emplois par le Secteur Privé pour les Jeunes; et (3) Renforcement des capacités institutionnelles et Gestion du Projet. De façon spécifique, le projet vise dans sa composante 2 à créer des opportunités de création d’emplois pour les jeunes à travers l’entreprenariat et l’appui aux PME. Cette composante du Projet est structurée autour de 2 sous-composantes  qui sont :

Pour la mise en œuvre de cette sous-composante 2.1, l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ) a été retenue pour l’exécution du volet « Entrepreneuriat des jeunes déscolarisés peu ou pas diplômés) (2.1.a). Pour la mise en œuvre des activités de promotion de l’entreprenariat pour jeunes diplômés, un cabinet privé sera recruté.

Les résultats attendus sont : 10 000 jeunes sont formés sur les concepts de base de l’entreprenariat niveau 1 ; 60% de ces jeunes reçoivent une formation approfondie en entreprenariat (niveau 2) ; 3 600 jeunes ont accès au fonds de démarrage dont 40% de femmes. A la fin des formations de niveau 2, chaque jeune élabore un plan d’affaires simplifié. L’APEJ a déjà remis les kits aux trois premières vagues.  A la faveur de la revue à mi-parcours, il a été décidé d’octroyer des fonds complémentaires à l’APEJ pour mettre en œuvre la vague 4 dont l’une des activités phares est la remise de fonds complémentaires à 500 micros entreprises fragiles. Les jeunes ainsi sélectionnés recevront chacun un fonds complémentaire d’un montant moyen de 300 000F CFA sous forme de subvention.

CICOM / APEJ     02 07 2020