La salle de conférence du Gouvernorat de la Région de Koulikoro a abrité ce jeudi 5 septembre, la cérémonie de lancement du Projet d’Appui aux Jeunes Entrepreneurs Ruraux de Koulikoro (PAJERKO).

L’évènement présidé par le Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Me Jean-Claude Sidibé, a enregistré de nombreuses personnalités dont l’Ambassadeur du Royaume de Belgique au Mali, S.E Adrien Théâtre, le Gouverneur de la région de Koulikoro le Col. Débérékoua Soara, le Directeur Général de l’APEJ M. Yaya Dao, le président du CNJ Souleymane Satigui Sidibé, le Maire de Koulikoro Eli Diarra, etc. Les structures techniques, les services de sécurité, les organisations faitières des femmes, des jeunes et consulaires du secteur privé étaient également de la partie à travers leurs représentants.

Un projet articulé avec le PDESC de Koulikoro

Dans son mot de bienvenue, le Maire de Koulikoro fraichement rentré de Kigali où il a reçu le trophée de la « Fondation 225 »  des meilleurs maires africains, dénommé ‘’Prix Africain du Développement’’, a exprimé  toute sa fierté et sa satisfaction d’accueillir les activités de lancement de ce nouveau  projet financé par l’Agence Belge de Développement (ENABEL).  Il a remercié le Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle pour l’ensemble des initiatives ciblant les jeunes et les femmes de sa collectivité. Parmi ces initiatives, se trouvent en bonne place les stages et les financements de l’APEJ, les activités du Projet l’Emploi des Jeunes créé des opportunités ici au Mali et celles du FAFPA.

L’édile de la ville a signalé toute sa  gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République, au Premier ministre et à l’ensemble du Gouvernement pour leur approche politique proactive pour lutter contre la l’insécurité et assurer le développement du Mali. Il a indiqué que les objectifs poursuivis par ce nouveau projet s’inscrivent en droite ligne des priorités du programme de développement économique, social et culturel de sa collectivité, à savoir la réduction considérable de la pauvreté, la dynamisation des emplois existants et la création de nouveaux emplois avec des effets induits sur l’économie régionale.

Le CNJ demande la réinstauration de la Taxe Emploi Jeune

S’exprimant au nom des bénéficiaires, le Président du Conseil national de la jeunesse, M. Souleymane Satigui Sidibé, a invité les jeunes ciblés par le projet à en tirer le meilleur profit en donnant le bon exemple. Auparavant, il argumentera que chaque jeune malien qui aura une opportunité s’inscrira dans le développement local et national à contrario avec les mobiles des entreprises obscurantistes qui sèment le trouble et la désolation dans leur propre pays.

Dans cet objectif d’accompagner et de soutenir les jeunes, il a situé l’APEJ au cœur du dispositif de l’Etat en ce qu’elle représente un « souffle de vie » et un espoir incontestable. Cependant, a-t-il fait remarquer en sa qualité de membre du Conseil d’administration de la structure, l’APEJ a été privée de ses moyens d’actions à travers la suppression de la Taxe emploi jeune instaurée en 2008. De ce fait le budget initial de la structure a été amputé de quelques 4 milliards fcfa cette année réduisant du coup le volume de son plan d’actions et de ses ambitions pour son public cible.

Dans un audacieux plaidoyer, il a invité les autorités à revoir la situation du financement du Programme Emploi Jeune pour prévenir d’éventuels soubresauts sociaux, la subvention annoncée afin de compenser la TEJ n’ayant pas été octroyée à souhait. Il a également plaidé pour la Maison des jeunes et la parcelle d’un ha promise à la jeunesse par les autorités de Koulikoro.

Nara, Kolokani, Banamba et Dioila comme zone d’intervention

Dans son exposé sur le Projet, le Directeur Général de l’APEJ a fait remarquer qu’il a  fait l’objet d’une convention paraphée en avril dernier entre le Royaume de Belgique représenté par ENABEL et l’APEJ au profit des jeunes du Mali.

Il ajoutera que le Projet d’Appui aux Jeunes Entrepreneurs Ruraux de Koulikoro est une initiative de l’APEJ élaborée suite à une sollicitation de l’Agence Belge de Développement (ENABEL) après une analyse organisationnelle.

L’objectif de développement du Projet vise à réduire la pauvreté en renforçant l’employabilité des jeunes dans le secteur rural à travers l’entrepreneuriat agropastoral dans la Région de Koulikoro et précisément dans les cercles de Nara, Kolokani, Banamba et Dioila. Il permettra dans un premier temps à une vingtaine de jeunes déjà actifs dans la vie économique et dans les exploitations agropastorales de suivre un parcours de compétences leur permettant d’exercer des métiers sources d’auto-emploi et de création de la valeur ajoutée.  Dans un second temps, ces jeunes bénéficieront d’un accompagnement soutenu pour leur insertion professionnelle à travers des services financiers et non financiers qui leurs seront offerts grâce à la contribution du projet ainsi qu’une mise en relation avec des professionnels du métier et d’institutions de financement.

Les jeunes promoteurs retenus seront donc formés pour accroitre leur capacité de gestion de leurs entreprises d’élevage qui elles-mêmes seront soutenues par des financements adéquats.   Par entreprise d’élevage, il faut entendre l’essentiel des segments constitutifs de  la chaine de valeurs de la filière bétail allant de l’embouche bovine, à la vente d’aliment pour le bétail, en passant par la boucherie et la tannerie.

La Belgique poursuivra son appui au développement du Mali

L’Ambassadeur du Royaume de Belgique au Mali, S.E Adrien Théâtre, a rappelé les principaux secteurs d’intervention de la coopération bilatérale entre son pays et le Mali (décentralisation, genre, environnement, sécurité alimentaire, assainissement, économie sociale, santé, droits humains…) avant d’indiquer les perspectives des prochaines années.

Conformément aux priorités des plus hautes autorités de faire de la jeunesse le levier du développement et de la relève du pays, l’Ambassadeur belge a souligné que ce projet contribuera à réduire les inégalités et soutenir le développement socioéconomique du Mali.  Il a également confirmé la ferme détermination de son pays à accompagner le Mali dans ses efforts de développement.

Le secteur de l’élevage ciblé par le PAJERKO occupe une place de choix dans le développement économique et social du Mali. Il contribue pour environ 12% au PIB et représente 25 à 30 % de la production du secteur rural et représente le troisième produit d’exportation après le coton et l’or. Mieux le secteur  agroalimentaire pourvoit 15% des recettes d’exportation de notre pays.

La Région de Koulikoro fait parties des collectivités qui ont le plus bénéficié de l’appui de la Belgique.

Le ministre promeut l’entreprenariat-jeune

Avant de prononcer le lancement officiel des activités du projet,  le Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle a salué l’avènement de ce projet formulé dans le cadre de la coopération politique  entre le Gouvernement du Mali et la partie Belge afin de réduire considérablement la pauvreté en investissant dans le secteur rural et réduire les conséquences de la migration irrégulière dans un contexte marqué par la persistance de diverses crises à travers le monde.

En effet, dira Me Sidibé, la Belgique est aux côtés du Mali depuis une trentaine d’années.  Sa coopération bilatérale avec notre pays  contribue à la promotion d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois et au-delà à la refondation de l’État, à l’instauration de la paix et de la sécurité et la lutte contre la pauvreté.

Le Projet d’Appui aux Jeunes Entrepreneurs Ruraux de Koulikoro (PAJERKO) qui cible les jeunes déscolarisés, alphabétisés et diplômés sans emplois qui mènent déjà des activités au sein d’un ou plusieurs maillons des filières d’élevage, est le fruit de la coopération exemplaire entre la République du Mali et le Royaume de Belgique.

La mise en œuvre de ce projet élaboré avec l’appui de l’Agence belge de développement, permettra non seulement de lutter durablement contre la pauvreté endémique principalement dans les zones ciblées, mais aussi, dans une large mesure, de participer à la génération de valeur ajoutée au niveau de la région de Koulikoro et à la consolidation de la demande globale motrice de croissance économique. Le projet permettra à terme à des jeunes déjà actifs dans la vie économique et dans les exploitations agropastorales de suivre un parcours de compétences leur permettant d’exercer des métiers sources d’auto-emploi et de création d’une plus-value commerciale.

Le projet d’un coût total de 196 065 547 FCFA apportera aux jeunes bénéficiaires durant deux ans et demi, un accompagnement soutenu pour leur insertion professionnelle à travers des services financiers et non financiers qui leurs seront offerts ainsi qu’une mise en relation avec des professionnels du métier et d’institutions de financement.

Plus spécifiquement des dizaines de jeunes agro-pasteurs seront formés et leurs entreprises renforcées dans des métiers à fort potentiel de création d’emplois et de valeur ajoutée dans les filières d’élevage, l’esprit d’entreprise et la gestion d’entreprise.

Ainsi huit jeunes grossistes seront installés dans l’embouche bovine, quatre jeunes dans la vente d’aliments bétail, quatre jeunes dans la boucherie et quatre dans la tannerie.  La stratégie d’intervention du projet est basée sur la chaîne de valeur de la filière bétail. Ainsi les domaines d’intervention prioritaires s’articuleront autour de quatre unités à savoir la vente d’aliment bétail, l’embouche bovine, la boucherie et la tannerie. Des financements seront octroyés au terme des formations techniques et professionnelles sous forme de kit d’insertion afin d contribuer à la modernisation de l’élevage conformément à la politique nationale de l’élevage.

Le ministre a précisé que l’une des problématiques de l’emploi des jeunes réside dans leur faible capacité technique d’entreprendre. Ainsi dans le cadre de ce projet pilote il est attendu le renforcement de l’esprit d’entreprise chez les jeunes de la Région de Koulikoro. Ce Projet de développement des chaînes de valeur dans quatre sous-secteurs de l’économie nationale permettra de relever les capacités techniques d’entreprendre et de gestion pour les jeunes de 21 à 40 ans.

Au delà de la concrétisation des ambitions de son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, qui a fait de ce quinquennat celui des jeunes, il y va de la stabilité, de la paix, de l’accroissement de la production de richesses et de la compétitivité de notre économie, a ajouté le ministre Sidibé.

La cérémonie a été marquée par des prestations artistiques, des photos de famille et des interviews accordées à la presse nationale et locale.  Au terme de la cérémonie, le Directeur de l’APEJ s’est rendu à la Coordination régionale l’APEJ où il a eu des entretiens avec le personnel.

CICOM APEJ 05 09 2019